Pourquoi avez-vous droit à juste 1$ de baisse d’impôt par semaine?

Si vous vous demandez pourquoi, après le budget d’hier, vous n’avez droit qu’à l’équivalent de 1$ par semaine de baisse d’impôt de la part de notre cher gouvernement libéral, malgré des milliards $ en surplus, voici une piste de réponse:

(Tiré de mon livre L’argent des autres, disponible en librairie et sur Amazon.ca)

 

Cul-de-sac à droite

Dans mes écrits, j’ai souvent le réflexe de défendre les contribuables contre le gaspillage de leurs impôts. Et contre le détournement de ceux-ci vers des groupes organisés. En faisant cela, j’ai l’impression naïve de parler à l’ensemble de la population. Mais quand je regarde les statistiques fiscales de plus près… Oh boy! Je réalise que je parle à peu de monde, finalement.

Dépendants de l’État

La moitié des Québécois ne payent aucun impôt, ou très peu (et peu de taxes, si on tient compte des remboursements de TPS/TVQ). L’État gaspille? Bof, c’est pas moi qui paye. Parmi l’autre moitié, plus d’un sur cinq travaille pour l’État (fédéral, provincial ou municipal). Et il y a aussi tous ceux dont le salaire dépend en tout ou en partie des subventions ou du monopole que leur confère le gouvernement, ou ceux qui ont le gouvernement comme principal client de leur entreprise.

(Ajoutons à cela le nombre croissant de baby-boomers à la retraite, qui ne payent plus d’impôt ou presque et qui exigent plus de services, notamment en santé.)

Si tous ces gens veulent préserver leurs revenus ou l’augmenter, ils vont souhaiter que l’État dépense plus, pas moins. Ne généralisons pas, mais une bonne partie va voter pour le politicien qui promet de dépenser plus et s’endetter davantage. (Soyons honnêtes, on ferait la même chose à leur place.)

Pour une bonne partie des électeurs québécois, le message de la droite, ou des « défenseurs des contribuables », passe dans le beurre.

Comment en sommes-nous arrivés là? Le mot magique : endettement. Les politiciens aiment dépenser pour s’acheter des clientèles et des votes. Mais pour dépenser, ils doivent d’abord taxer. Or, si l’État taxe trop, les contribuables vont se plaindre, ou n’auront plus d’argent. Comment contourner le problème? En s’endettant. Quelque 7 milliards $ par année en moyenne, depuis 40 ans. Celui qui va payer la facture peut difficilement se plaindre — il n’est même pas né! À l’aide de sa carte de crédit, l’État a accroché un nombre croissant de citoyens à ses mamelles.

Comme aime répéter Deric, un lecteur sur mon blogue, la droite n’a aucune chance face à la gauche et son slogan : « recevez maintenant, vos enfants paieront. »

Méchants et Gentils

Dans ce contexte, un parti politique « de droite », qui représente les intérêts de ceux qui veulent un État qui dépense moins, et mieux, n’a presque aucune chance au Québec.

Comme si ce n’était pas assez, la droite se fait planter sur le terrain des communications. Pour vendre ses idées, la droite parle au cerveau. La gauche parle au cœur. La droite peut trouver les meilleurs arguments du monde, mais la gauche a de bonnes intentions, et c’est tout ce qui semble compter. Elle veut aider les pauvres. La droite connaît peut-être un meilleur moyen de les aider, ces pauvres, mais on se méfie de ses intentions (c’est sûrement pour enrichir les riches!) Les méthodes de la gauche ne fonctionnent pas? Pas grave! Elle a de bonnes intentions

Résultat : la gauche gagne tous les concours de popularité. Et ce, même quand les faits ou les chiffres contredisent son discours. Les gens de droite ont pourtant autant de compassion, sinon plus. Mais un gros travail de relations publiques les attend.

Mettez tout ça ensemble, et bonne chance pour réformer le Québec!

Le plus ironique : ces réformes de droite — dégraissage de l’État, réduction de la fonction publique, moins de subventions — vont se produire. Et plus rapidement qu’on pense. Mais elles ne viendront pas d’idéologues ou de politiciens. Elles nous seront imposées de l’extérieur. Quand les taux d’intérêt vont se mettre à grimper, et avec eux le service de la dette de l’État.

***Procurez-vous L’argent des autres dans une librairie près de chez vous, dans votre Coop d’université, ou sur Amazon.ca

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