Pauvre p’tit Québec!

Si le cours d’économie et de finances personnelles que souhaite imposer le ministre Sébastien Proulx n’enseigne pas les bases du socialisme, et comment dépenser l’argent des autres, les syndicats n’en veulent pas.

C’est, en gros, l’impression qu’on a quand on entend leurs récriminations :

Ça ne « correspond pas à la ‘’philosophie d’éducation’’ de l’Association provinciale des enseignantes et des enseignants du Québec (APEQ) », qui craint que le cours, probablement « concocté par les banques », ne propose qu’une « vision libérale de l’économie. »

Nos syndicaleux sont tristes parce que que le cours « ne favorise pas le développement de l’esprit critique à l’égard du capitalisme et de l’industrie financière mondiale ».

N’oubliez pas que parmi ces mêmes gens, plusieurs reviennent bon an mal an avec l’idée de donner le droit de vote aux ados de 16 ans… Dans les deux cas, le but est le même, bien résumé par un lecteur, François Richer : plus on comprend l’économie, plus on comprend l’absurdité du discours syndical, et du socialisme et général. Garder les jeunes dans l’ignorance est leur stratégie d’affaires à long terme…

 Pauvre p’tit Québec. Ralenti par des rétrogrades qui se disent « progressistes »…

L’occasion est belle, encore une fois, de vous offrir un texte tiré de mon nouveau livre « L’argent des autres » :

 

Les ados et l’économie

Un ado de 16 ans peut-il voir à travers la propagande des syndicats ou du lobby des entreprises? C’est ce qui m’inquiète quand je pense à l’idée de donner le droit de vote à 16 ans, comme le propose certains politiciens à l’occasion.

Au Québec, un jeune de 16 ans n’a suivi aucun cours d’économie à l’école. Le dernier cours au secondaire a disparu à la rentrée 2009. On parle un peu d’économie dans le nouveau cours Monde contemporain, dit-on. Mais dans des discussions à saveur internationale sur l’environnement ou la répartition de richesse. Certains profs peuvent aborder des notions comme le taux d’intérêt, le PIB, ou la productivité, mais à leur guise. Ou hors classe.

Comprendre l’économie aide pourtant à établir des budgets, consommer intelligemment et épargner. Mais plus important encore : cela nous évite, comme électeurs, de nous faire passer des savons par les politiciens et les groupes de pression.

Enseignons l’évidence

Le juge américain Oliver Wendell Holmes Jr. a déjà dit : « nous avons besoin d’éducation dans ce qui est évident, beaucoup plus que d’études approfondies dans ce qui est obscur. »

En fait, ce n’est pas les notions de PIB ou de taux de chômage qu’il faut enseigner dans nos écoles, mais la logique économique de base. Par exemple, la première leçon en économie, écrivait le journaliste Henry Hazlitt en 1946, consiste à regarder au-delà de l’impact immédiat d’une politique. Pour en voir les conséquences non seulement sur le groupe concerné, mais sur l’ensemble des citoyens.

Comme lorsqu’un politicien donne des millions de dollars à une multinationale, parce que « ça va créer de l’emploi ». Il oublie de nous dire que lorsqu’il devra augmenter les impôts et les taxes pour financer cette subvention, il va détruire des emplois.

Ou lorsqu’un lobby quelconque nous arrive avec une étude de « retombées économiques ». On tente de justifier l’utilisation de nos taxes avec du vaudou économique. C’est tout juste si on ne prétend pas changer l’eau en vin!

Ou quand un chef syndical nous dit que les pensions blindées des fonctionnaires sont la plus belle invention depuis le grille-pain radio FM. Il oublie de dire que l’argent ne pousse pas dans les arbres. Que ce sont tous les contribuables, la plupart non syndiqués et sans fonds de pension, qui devront payer sa retraite de leurs poches.

Le bonheur coûte cher

Hazlitt, comme Frédéric Bastiat avant lui, disait qu’un bon économiste ne s’attarde pas à ce que l’on voit, mais examine plutôt ce qu’on ne voit pas.

Prenez l’ancien ministre des Finances Raymond Bachand. Il nous disait que l’important, c’est d’être heureux comme peuple… même si on défonce le budget! Il oubliait de dire que la génération suivante, qui sera obligée de rembourser nos dettes, ne sera pas heureuse, elle.

Nos jeunes ne sont pas idiots. Et à bien y penser, ils savent probablement mieux compter que nos politiciens. Mais ça ferait probablement l’affaire de certains partis politiques — et des centrales syndicales — de voir arriver une nouvelle cohorte d’électeurs insouciants. Prêts à dire oui à toutes sortes de dépenses qu’on ne peut pas se payer.

Si on enseignait la logique économique de base à nos jeunes au secondaire, on en ferait de meilleurs citoyens. Et des électeurs plus responsables.

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