Pour en finir avec les garderies subventionnées

Un collectif de gens bien intentionnés n’exige rien de moins que la « gratuité » dans nos garderies. Passons outre le fait que tout ce que le gouvernement offre de « gratuit » revient au final trois fois plus cher, et laissez-moi plutôt vous dire ce que je pense de ce merveilleux système dont personne n’a encore jugé bon de copier. (Extraits de mon livre L’argent des autres.)

 

Les insoutenables garderies subventionnées (1)

Se pourrait-il qu’on exagère un tantinet les vertus de notre système de garderies subventionnées, qu’aucune autre province n’a jugé bon de copier après 15 ans?

« Ça profite surtout aux pauvres. » Non. Ce sont majoritairement les familles mieux nanties qui profitent du système, et des places, selon une étude. Pendant que des mères monoparentales poireautent sur des listes d’attente.

« Mais les garderies subventionnées ont engendré un baby-boom… » Vraiment? Le taux de natalité a bondi encore plus en Alberta et en Saskatchewan qu’au Québec en 10 ans, sans garderies subventionnées. Les gens font-ils des enfants parce que le gouvernement créé un programme de garderies subventionnées, ou parce que l’économie va bien, et qu’ils ont confiance en l’avenir? D’ailleurs à cet effet, le programme d’assurance parentale a probablement eu plus d’impact que les garderies subventionnées.

« OK, mais ça permet aux femmes d’accéder au marché du travail! » Le taux d’activité des femmes a progressé partout au Canada depuis 15 ans. Et pourtant, les autres provinces n’ont pas de garderies subventionnées. Mais c’est vrai que le Québec a connu un solide rattrapage depuis 15 ans. Sauf que les provinces maritimes aussi, certaines encore plus que le Québec! Le lien n’est donc pas aussi clair que certains le prétendent. De toute façon, si on donnait l’argent directement aux mères pour qu’elles placent leur enfant dans une garderie privée, on atteindrait le même but.

« OK, OK. Mais une chose est sûre : les CPE aident les enfants en milieu défavorisé. »

Là, j’ai tendance à être d’accord. Voilà un rôle pour les CPE. Aider les enfants défavorisés, pour qu’ils puissent mieux performer à l’école par la suite. Favoriser l’égalité des chances, quoi. Seul pépin : en comparant les résultats scolaires de jeunes Québécois et Canadiens de moins de cinq ans, le professeur de l’UQAM Pierre Lefebvre a conclu que le système de CPE n’a nullement amélioré les scores de développement cognitif des enfants… Ceci dit, il y a fort probablement des avantages à ce que les enfants issus de ces milieux fréquentent les CPE, surtout si l’environnement familial laisse à désirer.

L’argent au système

Comme on fait trop souvent, on confond les buts (louables) d’une politique, et les moyens d’atteindre ces buts. Imaginez : le coût du programme des garderies s’est multiplié huit fois depuis ses débuts. Alors que le nombre de places, lui, n’a même pas triplé! Les garderies subventionnées coûtent aujourd’hui plus de 2,5 milliards $ aux contribuables (probablement plus, mais les chiffres sont – volontairement? – difficiles à trouver et colliger). Pourquoi? Parce qu’au lieu de donner l’argent aux parents, on l’a donné au système. Ce faisant, on a transformé un programme destiné aux parents en programme d’emplois pour éducatrices et fonctionnaires…

Et quand un système est d’abord bâti pour plaire aux syndicats, et seulement ensuite aux parents, aucun retour en arrière n’est possible.

Il aurait fallu donner l’argent aux parents, en fonction de leurs revenus. Ou faire comme dans les pays sociaux-démocrates comme la Norvège ou la Finlande. Où on vous donne une allocation parentale, et vous choisissez de garder votre enfant à la maison ou de le placer en garderie.

L’État tient à imposer des normes de qualité? Il peut le faire en encadrant et réglementant le marché. Tout en laissant les garderies se concurrencer entre elles pour offrir le meilleur service, et attirer les parents chez elles. On peut toujours garder le concept de CPE en milieu défavorisé, en y consacrant les ressources nécessaires pour donner le plus de chances possibles à ces enfants.

Ce serait moins coûteux pour l’État, et plus sensé. C’est pourquoi ça n’arrivera jamais.

 

Les insoutenables garderies subventionnées (2)

Le système de garderies subventionnées est-il payant pour le Québec? Non. Le faible coût des frais de garde? Oui. Grosse différence.

Une étude des professeurs Luc Godbout, Pierre Fortin et Suzie St-Cerny révèle que le système de garderies subventionnées est « payant » pour Québec. La logique est la suivante : les garderies à subventionnées permettent à des milliers de mères de participer au marché du travail. Ces mères (et pères) gagnent des salaires et payent des impôts, ce qui gonfle les revenus de l’État. Au-delà de ce que coûte le programme.

Fortin et Godbout sont des sommités en économie et en fiscalité. Ce n’est pas moi qui vais remettre en question leurs calculs.

Sauf qu’il existe une nuance dans le débat sur les garderies subventionnées. Nuance qui échappe à beaucoup de monde. Mais vendredi matin à la radio, l’animateur Paul Arcand a eu l’intelligence de poser LA question à Luc Godbout en début d’entrevue :

« Est-ce que toute forme d’investissement, de crédits d’impôt, ou des montants versés directement aux familles auraient le même effet? » Réponse de M. Godbout : « l’effet pourrait être similaire, oui. » De l’avis même du fiscaliste, c’est le faible coût des services de garde qui permet aux mères d’accéder au marché du travail. Et non pas le système de garderies en tant que tel.

L’argent aux parents

Autrement dit, ce ne sont pas les CPE qui permettent à ces femmes d’aller sur le marché du travail. Mais plutôt le faible coût des services de garde. C’est-à-dire les subventions, gracieuseté de vous, contribuables.

Comme j’ai déjà écrit, si on prenait ces milliards $ pour donner une allocation directement aux familles afin qu’elles placent leur enfant dans une garderie de leur choix, on verrait grosso modo les mêmes effets sur le taux d’activité des femmes. Et sur les rentrées fiscales du gouvernement.

Et qui sait? Les rentrées fiscales seraient peut-être plus élevées. Puisqu’avec le système actuel, les enfants de milliers de femmes végètent sur des listes d’attente (car l’État freine la création de nouvelles places). Il y a donc beaucoup de femmes qui ne peuvent joindre le marché du travail.

Surtout : en donnant un bon de garde aux parents (pas pour acheter des chips, mais pour des services de garde seulement), on épargnerait sur le complexe bureaucratique-syndical qui fait exploser les coûts (trois fois plus vite que le nombre de places). Et qui, tous les deux ou trois ans, prend les parents — et les contribuables — en otage.

Bref, les défenseurs du système actuel peuvent vanter ses mérites financiers. Mais ils devraient considérer que si l’on donnait l’argent aux familles, au lieu de le donner au système, ce pourrait être encore plus « payant » pour l’État.

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Vous trouvez important d’acheter « local »? Lisez ceci

Je ne me suis pas fait d’amis avec cette chronique, et je ne m’en ferai pas plus aujourd’hui. Mais je fais le pari que cette réflexion vous trottera dans la tête lors de votre prochaine visite dans les boutiques. 🙂

Il s’agit d’un extrait tiré de mon livre « L’argent des autres ».

 

Acheter local : à quel prix?  

Samedi matin à la ferme Cormier, dans l’Assomption. Pendant que ma fille enfonce un épi de blé d’Inde dans la gueule d’un cheval, ma blonde achète des légumes frais à la sortie.

Voilà, c’est fait. La famille Descôteaux a acheté « local ». Vais-je poursuivre sur cette lancée? Acheter une scie à la quincaillerie du village plutôt qu’au Canadian Tire?

Non.

Parce que les vertus de l’achat local s’arrêtent ici. Des aliments frais? Oui. Des vêtements de création québécoise, un vélo québécois? Pourquoi pas. Du moment que ces produits rivalisent en prix et en qualité. Mais payer plus cher pour « encourager l’économie locale »? Non merci.

D’abord, en payant plus (trop) cher votre article, il vous reste moins d’argent à dépenser chez les autres commerçants locaux. Mais surtout, nous sommes riches parce que nous échangeons. Le producteur chinois, allemand, ontarien ou québécois se spécialise là où il excelle. En échangeant nos talents et ressources, nous accédons à un plus grand choix de produits. De meilleure qualité, et à meilleur prix. Plus nombreux sont les êtres humains qui apportent leur talent et créativité à la table, plus notre société prospère. Acheter local, c’est réduire le nombre de participants. C’est se priver de talent et étouffer la créativité.

Petit exercice : imaginez que les citoyens de votre ville adhèrent à l’achat local pendant 10 ans. Imaginez-vous ensuite franchir la porte de votre magasin favori. Que voyez-vous sur les tablettes? Presque rien. Normal. Dans une économie « locale », nous devons tout produire nous-mêmes. Comme nous possédons des talents limités, les iPod, les livres d’Harry Potter ou les vins d’Espagne, ça n’existe pas.

Et où tracer la frontière? Si acheter québécois profite au Québec, acheter strictement sur l’île de Montréal est forcément mieux pour l’économie montréalaise. Si j’habite Rosemont, dois-je m’assurer que l’argent «reste» dans Rosemont? Si les citoyens de Côte-des-Neiges commencent à acheter local, doivent-ils cesser d’acheter à Outremont?

C’est sérieux. Quand un président américain impose une clause « achetez américain » pour construire des routes, il dit à ses entreprises : achetez local. Résultat : des centaines de Canadiens et de Québécois perdent leur emploi.

Ici aussi, un nombre croissant d’intervenants veulent nous convaincre – sinon nous forcer – d’acheter local. Erreur. On enrichit une économie et ses participants en trouvant des façons moins chères de produire des biens. Et non l’inverse.

Dire non au talent des autres, c’est s’appauvrir.

 

ATTENTION: Le contenu de cette chronique ne s’applique PAS sur des biens très particuliers. Comme par exemple un livre, qui en plus aurait été écrit par moi récemment, du genre L’argent des autres. (C’est beau la théorie, mais faut pas virer fou non plus là…) 😀  

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Les contribuables en ont marre des coûteux marchés du carbone

Ma récente chronique dans le magazine CPA porte sur cette question (voir plus bas), mais je suis aussi tombé hier sur un excellent texte du professeur Jack Mintz, une sommité au Canada en matière de politiques fiscales, qui fait le tour de la question. 

Émissions de carbone

Parmi les faits saillants (ma traduction):

-En dépit de ce que vous lisez ou entendez, les gouvernements de partout dans le monde commencent à reculer devant la grogne des électeurs. 

-Les économistes affirment que les taxes sur le carbone devraient être compensées par des baisses de taxes et d’impôts ailleurs, mais ce n’est pas arrivé. 

-Le public ne se fait pas berner. Offrir des cibles de réduction d’émissions de CO2 irréalistes, un fardeau fiscal plus imposant sur les familles et les entreprises, et des politiques énergétiques qui favorisent des sources d’énergies coûteuses et non-fiables vont miner la performance économique du Canada tout en ayant un impact minime sur les émissions de CO2.

-Si le Canada est pour se « décarboniser », cela arrivera seulement quand de nouvelles technologies non-subventionnées et abordables pour les consommateurs verront le jour. Et non avec du « tordage de bras » par les politiciens.

Ajoutons que, maintenant que Donald Trump a remplacé les changements climatiques comme bonhomme 7 heures dans nos médias, les politiciens « green » ont perdu plusieurs cheerleaders de leurs politiques…

Ma chronique du magazine CPA sur le sujet :

Taxe sur le carbone : qui va payer la facture ?

Sortez votre portefeuille, Ottawa veut tarifier le carbone! Le gouvernement Trudeau veut fixer la taxe sur l’émission de gaz à effet de serre (GES) à 10 $ par tonne dès 2018, pour la faire passer graduellement à 50 $ d’ici 2022. Les provinces devront se conformer à la règle en choisissant une taxe ou un système de plafonnement avec possibilité d’échange, qui permettra à des entreprises d’acheter des crédits (droits de polluer) auprès d’entreprises ayant réussi à réduire leurs émissions.

Sans vouloir gâcher la fête de notre vertueux premier ministre, il faut préciser une chose : cette taxe sera d’une inutilité totale ou presque pour l’environnement puisque le pays, selon Environnement Canada, n’émet que 1,6 % des émissions mondiales de GES comparativement à 13,9 % pour les États- Unis et à 24,5 % pour la Chine. Bref, cet effort est très symbolique. Du genre à être anéanti par la simple expansion annuelle du parc automobile chinois. Mais bon, certains s’achèteront une bonne conscience en pensant aider la planète. D’ailleurs, je vous entends déjà : « C’est toujours mieux que rien, non? »

D’accord, mais essayons alors de faire que cette politique soit la plus efficace possible en respectant le principe de neutralité fiscale. En contrepartie de la « taxe carbone », les gouvernements doivent s’engager à ce que les recettes provenant de celle-ci soient pleinement compensées par des diminutions des impôts des particuliers et des sociétés, sans quoi la taxe de M. Trudeau servira surtout à financer les gouvernements et leurs hordes de fonctionnaires. À nourrir la bête. Ou elle prendra des allures de « fonds vert », avec chèques en blanc pour politiciens désireux d’acheter des votes à coups de largesses et de subventions.

Surtout, une politique fiscalement neutre permettra à certains Canadiens de « s’enrichir ». En achetant des produits bons pour l’environnement, vous éviterez le gros de la taxe carbone, puisque le prix de ces biens de consommation ne devrait généralement pas augmenter, tout en profitant néanmoins de la baisse d’impôt ou de taxe équivalente. C’est la clé de la réussite – ou de l’échec – de cette initiative dans le sens où elle nous incite à faire des choix de consommation plus responsables.

Une taxe carbone soulève aussi des questions sur la compétitivité de nos entreprises. En l’absence de politique similaire aux États-Unis, les entreprises canadiennes risquent d’être défavorisées. C’est ce qu’a souligné le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, en prenant l’exemple de la zone pétrolière de Bakken, à cheval sur le Canada et les États-Unis : « Si, dans cinq ans, nous avons une taxe carbone de 50 $ imposée à nos entreprises, combien de puits seront creusés au nord de la frontière, et combien au sud? »

Les ménages canadiens paieront aussi la facture, car certaines entreprises vont répercuter cette taxe sur les consommateurs. Par exemple, la taxe de 20 $ la tonne d’émissions de CO2, qui sera exigée en Alberta à partir du 1er janvier 2017, ajoutera 4,5 ¢ au prix du litre d’essence. Et ces coûts augmenteront encore l’année suivante, lorsque la taxe passera à 30 $ la tonne.

On a tendance à l’oublier, mais les Canadiens paient déjà beaucoup de taxes sur l’essence, qui agissent un peu comme une taxe carbone sur le transport. À Montréal, par exemple, lorsque le litre d’essence se vend 1 $, les automobilistes versent plus de 49 ¢ en taxes. À l’échelle du Canada, les taxes sur le carburant s’élèvent en moyenne à 35 % du prix à la pompe.

Enfin, je ne veux pas vous décourager, mais selon certaines estimations, la taxe carbone devrait passer à 200 $ la tonne pour vraiment faire une différence, et pour que le Canada atteigne ses objectifs du sommet de Paris. Cela voudrait dire… une quarantaine de cents de plus pour un litre d’essence.

Êtes-vous prêt à aller jusque-là?

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Pauvre p’tit Québec!

Si le cours d’économie et de finances personnelles que souhaite imposer le ministre Sébastien Proulx n’enseigne pas les bases du socialisme, et comment dépenser l’argent des autres, les syndicats n’en veulent pas.

C’est, en gros, l’impression qu’on a quand on entend leurs récriminations :

Ça ne « correspond pas à la ‘’philosophie d’éducation’’ de l’Association provinciale des enseignantes et des enseignants du Québec (APEQ) », qui craint que le cours, probablement « concocté par les banques », ne propose qu’une « vision libérale de l’économie. »

Nos syndicaleux sont tristes parce que que le cours « ne favorise pas le développement de l’esprit critique à l’égard du capitalisme et de l’industrie financière mondiale ».

N’oubliez pas que parmi ces mêmes gens, plusieurs reviennent bon an mal an avec l’idée de donner le droit de vote aux ados de 16 ans… Dans les deux cas, le but est le même, bien résumé par un lecteur, François Richer : plus on comprend l’économie, plus on comprend l’absurdité du discours syndical, et du socialisme et général. Garder les jeunes dans l’ignorance est leur stratégie d’affaires à long terme…

 Pauvre p’tit Québec. Ralenti par des rétrogrades qui se disent « progressistes »…

L’occasion est belle, encore une fois, de vous offrir un texte tiré de mon nouveau livre « L’argent des autres » :

 

Les ados et l’économie

Un ado de 16 ans peut-il voir à travers la propagande des syndicats ou du lobby des entreprises? C’est ce qui m’inquiète quand je pense à l’idée de donner le droit de vote à 16 ans, comme le propose certains politiciens à l’occasion.

Au Québec, un jeune de 16 ans n’a suivi aucun cours d’économie à l’école. Le dernier cours au secondaire a disparu à la rentrée 2009. On parle un peu d’économie dans le nouveau cours Monde contemporain, dit-on. Mais dans des discussions à saveur internationale sur l’environnement ou la répartition de richesse. Certains profs peuvent aborder des notions comme le taux d’intérêt, le PIB, ou la productivité, mais à leur guise. Ou hors classe.

Comprendre l’économie aide pourtant à établir des budgets, consommer intelligemment et épargner. Mais plus important encore : cela nous évite, comme électeurs, de nous faire passer des savons par les politiciens et les groupes de pression.

Enseignons l’évidence

Le juge américain Oliver Wendell Holmes Jr. a déjà dit : « nous avons besoin d’éducation dans ce qui est évident, beaucoup plus que d’études approfondies dans ce qui est obscur. »

En fait, ce n’est pas les notions de PIB ou de taux de chômage qu’il faut enseigner dans nos écoles, mais la logique économique de base. Par exemple, la première leçon en économie, écrivait le journaliste Henry Hazlitt en 1946, consiste à regarder au-delà de l’impact immédiat d’une politique. Pour en voir les conséquences non seulement sur le groupe concerné, mais sur l’ensemble des citoyens.

Comme lorsqu’un politicien donne des millions de dollars à une multinationale, parce que « ça va créer de l’emploi ». Il oublie de nous dire que lorsqu’il devra augmenter les impôts et les taxes pour financer cette subvention, il va détruire des emplois.

Ou lorsqu’un lobby quelconque nous arrive avec une étude de « retombées économiques ». On tente de justifier l’utilisation de nos taxes avec du vaudou économique. C’est tout juste si on ne prétend pas changer l’eau en vin!

Ou quand un chef syndical nous dit que les pensions blindées des fonctionnaires sont la plus belle invention depuis le grille-pain radio FM. Il oublie de dire que l’argent ne pousse pas dans les arbres. Que ce sont tous les contribuables, la plupart non syndiqués et sans fonds de pension, qui devront payer sa retraite de leurs poches.

Le bonheur coûte cher

Hazlitt, comme Frédéric Bastiat avant lui, disait qu’un bon économiste ne s’attarde pas à ce que l’on voit, mais examine plutôt ce qu’on ne voit pas.

Prenez l’ancien ministre des Finances Raymond Bachand. Il nous disait que l’important, c’est d’être heureux comme peuple… même si on défonce le budget! Il oubliait de dire que la génération suivante, qui sera obligée de rembourser nos dettes, ne sera pas heureuse, elle.

Nos jeunes ne sont pas idiots. Et à bien y penser, ils savent probablement mieux compter que nos politiciens. Mais ça ferait probablement l’affaire de certains partis politiques — et des centrales syndicales — de voir arriver une nouvelle cohorte d’électeurs insouciants. Prêts à dire oui à toutes sortes de dépenses qu’on ne peut pas se payer.

Si on enseignait la logique économique de base à nos jeunes au secondaire, on en ferait de meilleurs citoyens. Et des électeurs plus responsables.

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C’est le temps de se battre, pas de se cacher!

Dans la foulée de la perte de crédibilité des journalistes (évidente pendant la dernière campagne présidentielle), des « fake news » et des demandes de subventions par nos médias, je republie ce texte écrit il y a près de neuf ans dans le magazine Trente (de la fédération des journalistes). À ce moment, on parlait de créer un titre de « journaliste professionnel » afin de se protéger de la concurrence du web. Une couple d’entre eux ont dû grincer des dents en le lisant…

 

La création d’un titre de journaliste professionnel ferait plus de tort que de bien à la profession.

Les journalistes sont menacés d’extinction, dit-on. Peut-on les sauver en créant un titre de « journaliste professionnel »? La solution se trouve ailleurs.

Une motivation derrière cette certification professionnelle est de s’octroyer un monopole sur la profession de journaliste, et d’ainsi marginaliser les blogueurs et autres créatures d’Internet. « Il faut se méfier du contenu des blogues », répète-t-on. « Ce ne sont pas de “vrais” journalistes qui y écrivent… »

En économie, mon champ d’expertise, les gens devraient plutôt se méfier de ce qu’ils lisent dans les journaux. Depuis deux ans, la plupart des journalistes se contentent de répéter les communiqués de presse du gouvernement ou de la Banque du Canada – qui ont intérêt à berner la population en affirmant que tout va bien, que leurs « plans de relance » fonctionnent. Sinon, on cite les porte-parole des grandes banques. Peu de journalistes s’aventurent hors de sentiers battus ou exercent leur esprit critique.

Résultat : le lecteur du journal de votre choix a généralement été mal servi depuis le début de la crise. « Récession! » « Pas de récession! » « Finie la crise! » « Oups, on file vers la dépression! »… Comme le journaliste, le lecteur s’y perd.

Pendant ce temps sur le Web, quantité d’experts (Prix Nobel d’économie, professeurs, experts de la finance) expliquent et décortiquent les hauts et bas de l’économie, et les mesures gouvernementales. En expliquant et en prédisant (avec plus de succès) ce qui nous attend, ces derniers remplissent cette « mission publique » – si galvaudée par la caste journalistique – beaucoup mieux que les journalistes.

En réalité, les journalistes peuvent difficilement rivaliser avec le Web. Si le lecteur a le choix entre lire un chroniqueur de La Presse ou du Devoir, titulaire d’un bac en communication, ou écouter l’opinion d’un Prix Nobel en économie, qui tient un blogue gratuit, bien écrit et accessible, qui va-t-il choisir? Les lecteurs préfèrent de plus en plus s’informer sur Internet. Pas parce que c’est gratuit. Parce que le contenu qu’on y trouve est souvent bien meilleur. Une certification ne fera pas disparaître cette concurrence.

Il s’ensuit que cette certification, si elle instaure un tarif minimum de pige pour les journalistes indépendants, équivaut à se tirer dans le pied.

Si les journalistes éprouvent des difficultés à négocier leurs conditions de travail, c’est qu’ils sont soumis, comme toute autre industrie, à la loi de l’offre et de la demande. La valeur de leur travail est à la baisse. Le lecteur a plus de choix (grâce à Internet), et se rend compte que les journalistes sont interchangeables.

Petit exercice mental : imaginez-vous poser le pied sur votre balance* dans la salle de bain. Vous pouvez détester ce que vous voyez quand vous embarquez dessus : « 200 livres… Non! » Mais vous ne pouvez faire passer une loi qui dicte que vous pesez 165 livres. Lorsqu’un pigiste sans expérience – ou sans talent particulier pour se démarquer dans ce nouvel environnement – monte sur une balance, celle-ci indique sa valeur au marché : « 60 $ le feuillet. » Admettons qu’une association de journalistes « truque la balance » et réussisse à imposer un tarif minimum de 100 $ le feuillet, qu’arrivera-t-il?

Comme le budget de rédaction du magazine ou du journal demeure inchangé, les meilleurs pigistes devront se contenter de tarifs moindres, pour compenser les hausses (dues au nouveau tarif minimum) accordées aux moins bons. Les meilleurs pigistes partiront pour d’autres industries, ce qui nivellera par le bas la qualité des publications, les rendant encore moins concurrentielles par rapport à ce que le lecteur peut trouver sur Internet. Récompenser la médiocrité est la dernière chose dont le journalisme a besoin aujourd’hui.

Faut-il alors s’en remettre à l’État? Non. La liberté de presse existe pour tenir le gouvernement responsable et honnête. Les journalistes d’enquête au Québec font un excellent travail pour exposer la corruption au sein des gouvernements municipaux et provinciaux. Si des politiciens et hauts fonctionnaires décident du financement des médias, ces journalistes seront-ils aussi critiques? Penser que cette aide viendra sans de subtiles ficelles relève d’une grande naïveté. On ne demande pas à un pouvoir de protéger un contre-pouvoir. L’État peut intervenir (il le fait déjà), mais son soutien financier doit demeurer minoritaire pour le média, afin de minimiser les conflits d’intérêt.

L’avenir passe par la transparence idéologique

Grâce aux millions de blogues, d’experts, de réseaux sociaux et de médias électroniques, les citoyens sont mieux informés que jamais. Comment réussir dans ce nouvel environnement? Pour le journaliste,une certitude : la survie passe par une expertise spécialisée. Aujourd’hui, les éditorialistes, journalistes spécialisés, chroniqueurs et journalistes d’enquête ont la cote. Normal. Ils sont plus difficilement interchangeables que leurs confrères généralistes. D’ici cinq ans, il y a de fortes chances pour que le collègue assis à vos côtés n’y soit plus.Maiscelui qui possède des connaissances, des compétences ou des habiletés particulières survivra. Le produit qu’il livre sera toujours demandé, peu importe le média.

Et pour la publication? Une voie d’avenir, comme l’affirme Philip Meyer[i], est de cesser de vouloir plaire à un public général. Cette stratégie se justifiait quand peu de médias se partageaient une grande masse de lecteurs. Mais avec la multiplication des médias – citoyens et traditionnels –, le succès viendra en se concentrant sur des auditoires segmentés et spécialisés. Et surtout, il faudra se battre pour gagner la confiance de cet auditoire. Comment? En livrant des textes encore plus originaux, encore plus fouillés et encore mieux écrits. Mais aussi… en reflétant les opinions et les valeurs des lecteurs.

Sacrilège? Pourtant, ça existe déjà. En France, aux États-Unis et même ici, on peut clairement distinguer les positions politiques ou idéologiques des journaux ou des chaînes de télévision. Combien de fois entend-on les gens se plaindre que les Desmarais, Péladeau ou Conrad Black dictent les lignes éditoriales? Une telle formule aurait le mérite d’être plus transparente et moins hypocrite envers le public.

Quelle objectivité?

Et tant qu’à faire,profitons-en pour mettre au rancart cette prétendue objectivité journalistique, concept ambigu s’il en est. Soyons honnêtes : les partis pris et les préjugés des journalistes, qu’ils soient de Radio-Canada, de La Presse, du Devoir ou du Journal de Montréal, sont parfois tellement évidents que c’en est insultant pour le lecteur. Et je ne parle pas des chroniqueurs!

Cette subjectivité (ou plutôt, cette prétention à faire comme si cette subjectivité n’intervenait pas) teinte le choix d’un titre, d’une photo, la sélection des faits par le journaliste ou le choix de ses sources. Cette hypocrisie mine la crédibilité du journalisme et fait perdre aux lecteurs le peu de confiance qu’ils ont envers les médias.

Une transparence idéologique est loin d’être incompatible avec le respect et l’application des plus hauts standards journalistiques, et le respect d’un code de déontologie. Le respecté hebdomadaire The Economist le prouve depuis plus d’un siècle.

Cette transparence permettra aussi aux médias de survivre économiquement. Ne nous berçons pas d’illusions. Les revenus publicitaires continueront à chuter, et à s’éparpiller. Dans ce contexte, une solution sera le financement volontaire.En établissant clairement où elles se situent idéologiquement, les publications puiseront une partie de leur financement auprès de fondations et de citoyens qui partagent les mêmes valeurs. Au final, on retrouvera sûrement autant des publications « de droite », « de gauche » et « de centre », avec des déclinaisons selon les rubriques. Même un média traditionnel (généraliste) survivra si les gens le souhaitent.

Certains brandiront le spectre de l’influence corporative. Mais je rappelle que la majeure partie des revenus des médias actuellement vient des entreprises qui leur achètent de la pub. Et chez plusieurs publications d’affaires, une forme subtile de censure s’accompagne de ce financement.

Ceux qui crient à l’hérésie ont perdu de vue le fait que la survie des journaux – et des journalistes – réside dans leur capacité à offrir ce que les lecteurs demandent. Soyons réalistes. Si les revenus publicitaires disparaissent, il faudra choisir son maître. Ce sera l’État, ou les lecteurs.

Un carnage s’en vient. Mais le journalisme en sortira grandi. Cette destruction créatrice est une formidable occasion de se dépasser, d’inventer un nouveau genre de journalisme. Mais pour ça, il faut se défoncer. Oser. Être créatif dans sa façon de livrer l’information. Nul ne sait ce que l’avenir nous réserve. Une chose est sûre, il faudra se botter le derrière.

Ceux qui sont prêts à se battre, et à oser des modèles d’affaires nouveaux, survivront. Ceux qui préfèrent se cacher derrière une certification ou, pire, sous les jupons du gouvernement, y laisseront leur crayon.

 

-30-

 

David Descôteaux

*L’image est de P.J. O’Rourke

 

 

 

 

 

*L’image vient de P.J. O’Rourke.


[i] Auteur du livreThe Vanishing Newspaper: Saving Journalism in the Information Age.

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Employés de Bombardier, subventionnez-moi!

(Extrait de mon livre L’argent des autres, disponible en librairie et sur Amazon.ca.)

J’ai un projet : publier un livre. J’ai beaucoup de talent et je suis certain que ce sera un succès. Je demande aux 70 000 employés de Bombardier de me prêter 25 $. Je vous rembourserai le montant total (1,7 million) dans 10 ans. Ce sera bien sûr un prêt sans intérêt. Et je vous rembourserai seulement si je vends mes livres. Si je ne vends rien, je ne vous rembourse rien.

Qu’en dites-vous? Vous refusez? Mais voyons, mon projet est structurant. Il génèrera des retombées économiques. La maison d’édition fera des profits, j’achèterai des logiciels de correction, j’engagerai des recherchistes, je ferai rouler l’industrie des pâtes et papiers, je mangerai dans les restaurants autour de chez moi, je me ferai construire un bureau décent… Avec l’argent perçu sur l’impôt de tous ces travailleurs, et les taxes générées par la vente des livres, le gouvernement va faire un coup d’argent incroyable!

En plus, il est vital que notre industrie du livre brille et soit concurrentielle. D’autant plus qu’un auteur français, qui écrit sur le même sujet que moi, reçoit des subventions de son gouvernement. Ce serait vraiment injuste et suicidaire pour notre industrie de ne pas me subventionner aussi.

Vous refusez toujours? Vous préférez mettre votre 25 $ dans un placement à faible risque qui vous rapportera des intérêts de 8 % composés annuellement, et vous enrichira de 54 $ au bout de dix ans au lieu du 25 $ incertain que je vous propose? Vous dites qu’il est plus important pour vous de placer cet argent pour l’éducation de votre petite fille que de l’utiliser pour produire un livre que vous ne comptez pas lire? Je n’y comprends rien…

Mais peu importe votre décision. Vous n’avez pas le choix. Mon bon ami le ministre vous oblige à me prêter cette somme. Sinon, vous irez en prison. Lui, il croit que c’est un bon projet. Après tout, qui êtes-vous pour prétendre savoir quoi faire avec votre argent?

MON LIVRE « L’ARGENT DES AUTRES » EST DISPONIBLE EN LIBRAIRIE DEPUIS LE 26 JANVIER, OU ICI: (VERSION PAPIER ET ÉLECTRONIQUE)

L'argent des autres

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Les Super Bowl coûtent cher au Québec

(Tiré de mon livre L’argent des autres, qui vient de paraître)

 

Je franchis la porte de l’appartement, 18 h 20. Dernier arrivé. Mes trois amis tiennent déjà une bière dans la main. Les fesses calées dans le sofa rouge, ils observent les monstres se cogner la tête et rugir à la télé.

Mon estomac crie hors-jeu. « Pat! Commande la bouffe ». Vingt minutes plus tard, les deux pizzas arrivent. Quand je pose mes yeux sur la facture, l’idée de cette chronique surgit.

« 32 $ ». Quoi? Pour deux pizzas? Je demande la reprise vidéo.

Les Super Bowl coûtent cher au Québec. En partie parce que les buveurs de lait se font arnaquer. Tout comme les pizzérias, qui utilisent des produits à base de lait comme le fromage. Pour survivre, elles doivent refiler la facture à leurs clients.

Les producteurs laitiers – avec nos politiciens complices – fixent le prix du lait à un niveau anormalement élevé, en limitant la production. Un producteur étranger veut vous vendre du lait moins cher? Bonne chance. Le gouvernement frappe les produits laitiers qui entre au pays de taxes qui vont jusqu’à 300 %. C’est l’Union soviétique à l’époque de Rocky IV.

Résultat : le prix du lait grimpe à un rythme près du double de l’inflation. Nous payons le litre de lait 60 à 65 cents (ou 40 %) plus cher qu’aux États-Unis ou qu’en Australie, selon une étude du Conference Board.

Le jour du Super Bowl, ça paraît. « Il y a cinq ans, je payais un même bloc de mozzarella 18 $ », me disait Claude Trudel, propriétaire de Gerry Pizza, à Québec, lors d’une entrevue téléphonique en 2011. « Aujourd’hui, ça me coûte 24 $. »

« Le fromage, c’est-ce qui coûte le plus cher dans une pizza », racontait à un collègue Mesut Akkaya, qui gère la Mémo pizzéria, tout près de l’UQAM. Lui aussi n’a pas le choix. Il doit hausser ses prix.

La Commission canadienne du lait a annoncé que le 1er septembre 2016, les prix de soutien du beurre et de la poudre de lait écrémé – qui vont faire grimper le prix de produits comme le yogourt et le fromage – allait augmenter de 2,76 %, après une hausse de 2,2 % en février. Ceci met évidemment en rogne les restaurateurs… et les amateurs de pizza!

Une telle hausse alors que le marché du lait, partout à travers le monde, est en chute libre, écrivait récemment le professeur Sylvain Charlebois, expert des questions agroalimentaires, dans La Presse+. Le prix du lait à la ferme est en moyenne près de trois fois plus élevé au Canada qu’ailleurs dans le monde, précisait-il.

Si vous êtes amateur de produits laitiers, irez-vous manifester dans la rue? Non. Mais le lobby des producteurs laitiers, lui, a de bonnes raisons de le faire. Les fermes laitières – dont certaines appartiennent aux agriculteurs les plus riches au pays – reçoivent près de la moitié de leurs revenus grâce à ce système. Et de façon plus générale en agriculture, le système profite au puissant syndicat de l’Union des producteurs agricoles, un monopole qui reçoit des cotisations obligatoires de chaque agriculteur sur une foule d’aliments. Chaque denrée qui transite dans ce système engraisse les coffres des différentes fédérations de ce lobby.

Pourtant, si la gestion de l’offre semble à première vue protéger les fermes d’ici, elle leur nuit à long terme en les empêchant de devenir concurrentielles et de développer leur propre marché dans une économie de plus en plus mondialisée, où elles devront un jour ou l’autre se frotter à des concurrents étrangers.

Si ça continue, on va manger des crudités au Super Bowl. Et boire de la bière, beaucoup de bière. Car à ce rythme, elle sera bientôt moins chère que le lait.

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Jolie fille cherche mari riche…

En reprise, et parce que c’est le weekend. Une bonne – et hilarante – leçon de finances 101.

Vu sur argentaire.com (et pas mal partout sur le web)

Cette jolie fille de 25 ans cherchait un mari riche. La réponse qu’elle a reçu de ce millionnaire n’a pas de prix !

 Une jeune fille américaine de 25 ans n’a rien trouvé de mieux à faire que de poster une annonce sur le site Craigslist pour obtenir des conseils sur la façon de trouver un mari très riche! Estimant sa beauté comme une arme imparable, elle ira même jusqu’à dire qu’elle mérite au minimum un mari avec un salaire annuel d’environ 500.000 de dollars!

 

“Je vais être honnête. J’ai eu 25 ans cette année. Je suis très jolie, j’ai du style et du bon goût. Je souhaite épouser un homme qui gagne un salaire annuel de 500 000 $ ou plus. Vous pourriez penser que j’en demande trop, mais la classe moyenne, à New York, gagne un salaire annuel d’un million de dollars.

Mon exigence n’est pas élevée. Est-ce qu’il y a quelqu’un, dans ce forum, qui a un salaire annuel de 500 000 $ ? Êtes-vous tous mariés ? Je voulais vous demander : que dois-je faire pour me marier avec des personnes riches comme vous ?

J’ai déjà été fiancée à des hommes qui gagnent de 200 à 250 000 dollars pas plus…mais 250 000 dollars ce n’est pas suffisant pour que je puisse vivre dans les beaux quartiers de New-York. 

 

Une brillante réponse d’un banquier à son annonce a rapidement fait le tour du web:

 

“Mademoiselle,

J’ai lu votre article avec un grand intérêt. Sachez qu’il y a beaucoup de filles, ici, qui se posent des questions similaires à la vôtre. Permettez-moi donc de me livrer à une analyse financière de la situation.

Mon revenu annuel est de plus de 500 000 $, ce qui correspond à vos besoins. Alors j’espère que tout le monde sait que je ne suis pas en train de perdre mon temps ici.

Du point de vue d’un homme d’affaires, ce serait une très mauvaise décision de se marier avec vous.

Soyons clairs, ce que vous essayez de faire est échanger de la « beauté » contre de l’« argent ». La personne A offre la beauté et la personne B paie pour cela.

Cependant, il y a un problème. Votre beauté va se faner, mais mon argent ne disparaîtra pas sans une bonne raison. Le fait est que mon salaire pourrait augmenter d’année en année, mais vous ne pouvez pas être plus belle année après année.

Ainsi, ‘en termes économiques’, vous êtes un passif qui subit une dépréciation et je suis un actif qui produit des dividendes. Et ce n’est pas seulement une dépréciation normale, c’est une dépréciation exponentielle!

Soyons plus précis: Vous avez aujourd’hui 25 ans, vous êtes belle et sans doute le resterez vous durant les 5 ou 10 années à venir. Mais chaque année un peu moins, et quand vous vous comparerez à une photo prise aujourd’hui, vous constaterez combien vous avez vieilli. Cela signifie que vous êtes aujourd’hui dans la ‘phase de croissance’, c’est donc le bon moment pour vous vendre mais non pour vous acheter.

Par conséquent, toujours en termes économiques, le mariage (qui est un “buy and hold”) avec vous n’est pas une bonne affaire à moyen ou à long terme. En revanche, la location pourrait être, en langage commercial, une affaire raisonnable que nous pouvons discuter. Je pense que si vous fournissez la garantie “bien élevée, avec de la classe et merveilleusement belle”, je pourrais très probablement être le locataire de ce “produit”. Cependant, je souhaite faire, ce qui est une pratique habituelle en affaire, un essai. C’est à dire un “test drive” avant de concrétiser l’opération.

En espérant que cette réponse vous aura été utile. 

 

Cordialement,

 

Un millionnaire”

MON LIVRE « L’ARGENT DES AUTRES » EST DISPONIBLE EN LIBRAIRIE DEPUIS LE 26 JANVIER, OU ICI: (VERSION PAPIER ET ÉLECTRONIQUE)

L'argent des autres

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