Lettre à mes amis américains: laissez tomber votre obsession du laisser-faire!
TweetChers amis américains,
Trop de liberté, c’est comme pas assez. Vous le constatez amèrement aujourd’hui. La crise financière qui sévit actuellement provient de votre foi naïve en la non-intervention et de votre dédain pour toute réglementation. Cette attitude de laisser-faire de votre part a permis à des arrivistes d’agir dans leurs intérêts, en toute impunité.
Ces égoïstes à courte vue sont bien sûr… les politiciens.
Sans règles pour encadrer son comportement, la classe politique s’est mêlée au marché avec cupidité et sans le moindre égard aux conséquences de ses gestes. Motivée par ce désir propre aux élus de «faire le bien» à tout prix parce que c’est politiquement rentable, elle a produit des lois, comme le Community Reinvestment Act, qui forcent les banques à prêter à des gens qui échouent à remplir les conditions nécessaires pour obtenir une hypothèque. Pendant ce temps des quasi-sociétés d’État, Fannie Mae et Freddie Mac, ont amassé des billions de dollars de ces hypothèques à risques, sachant fort bien que si elles perdaient leur pari, les contribuables payeraient la note. Tout ça sous le regard approbateur des élus du Congrès.
L’égoïsme, l’arrogance et l’irresponsabilité de ces politiciens ont aussi contaminé la Réserve fédérale américaine, la source même de cette crise. Celle-ci a maintenu ses taux d’intérêt artificiellement bas – provoquant un excès d’investissements dans des projets non rentables – de peur de faire éclater la bulle financière qu’elle a elle-même contribué à gonfler dans les dernières années, selon les dires même d’Alan Greenspan dans l’épilogue de ses mémoires.
Cette approche consistant à donner carte blanche à des carriéristes pour prendre soin de vos problèmes n’est plus viable. Depuis la débâcle boursière, ces politiciens sans scrupule pigent dans vos poches et dans celles de vos petits-enfants pour renflouer leurs amis banquiers. Or Wall Street n’a aucune intention de prêter les milliards de dollars reçus des contribuables, condition pourtant nécessaire à la relance de l’économie. Les grandes banques ont admis qu’elles préfèrent utiliser l’argent pour renflouer leurs coffres, acquérir des petites banques régionales et surtout, payer les généreux bonis annuels promis à leurs dirigeants. Voilà un exemple de capitalisme (d’État) sauvage! Rendu possible par une déréglementation sans borne de l’intervention politique.
Les excès de vos politiciens sont inexcusables. La faute vous en incombe, vous qui les avez «laissé faire». Il est grand temps d’enterrer cette idéologie. Désormais, vous devez lier les mains à la classe politique. Il faut plus de règlementation. Plus de supervision. Des lois strictes qui dictent ce que les politiciens peuvent et ne peuvent pas faire. Fini la politique libre débridée. Nous ne pouvons nous permettre une autre Grande Dépression.




