L’Étatisme sauvage

(Extrait de mon livre L’argent des autres, disponible en librairie et sur Amazon.ca.)

Si vous croyez comme moi qu’on paye déjà trop de taxes, dites-vous que le pire est probablement à venir.

Pour les partis plus à gauche comme le PQ ou Québec solidaire, le gouvernement est toujours trop petit. Quant au parti libéral, ses relativement petites et maladroites coupures — que certains osent appeler de l’« austérité » — sont insuffisantes pour nous éviter, à nous contribuables, de payer la facture d’un état qu’on a engraissé comme un porc ces dernières années, et dont les politiciens ont perdu le contrôle.

Au Québec, c’est simple. Tout essor économique doit passer par l’État. Celui-ci guidera les entrepreneurs égarés vers le succès, la prospérité et le bonheur. Laisser ces derniers se débrouiller et alléger leur fardeau fiscal? Oubliez ça! C’est bien connu, le dynamisme économique d’une nation passe par plus de comités, plus de « plans » et plus de tables de concertation…

Ce qu’on oublie de vous dire, c’est que tous ces nouveaux programmes sont gérés par encore plus de fonctionnaires. Que vous devrez payer, eux et leurs généreux fonds de pension, avec plus de taxes. Et tenez-le-vous pour dit : aucun retour en arrière ne sera possible. Ces nouveaux « privilégiés de l’État » deviendront automatiquement indélogeables.

Pris à la gorge

À la place, pourquoi ne pas s’inspirer de la Suède? Un pays social-démocrate, qui a choisi de miser sur les forces du marché pour traverser la crise. Là-bas on soulage le fardeau fiscal des entrepreneurs, on choisit la voie de la concurrence — même en santé et en éducation —, et on coupe les dépenses. Et ça marche! Ce pays, où les taxes sont élevées, a compris une chose : l’individu est l’unité de base de la société, comme l’écrivait récemment l’historien suédois Lars Tragardh. Et c’est en encourageant son autonomie — et non sa dépendance au gouvermaman — qu’on arrive au bien commun.

Ici, on fait tout le contraire. On veut plus de ce qui ne marche pas. Les pourfendeurs du capitalisme aiment crier au « capitalisme sauvage » sitôt qu’une entreprise ferme ses portes. Tant qu’à user d’hyperboles, on peut dire que le chemin que trace les partis politiques, peu importe leurs couleurs depuis 40 ans, est celui de l’« Étatisme sauvage »…

En 2001, l’essayiste français Jean-François Revel écrivait dans le magazine Le Point « qu’un État tout à la fois pléthorique et incontrôlé tend à se mettre à son propre service plutôt qu’au service de toute la société. »

Il poursuivait : « Ainsi l’Étatisme sauvage, fort avec les faibles et faible avec les forts, justifie son existence par la correction des inégalités. Mais en introduit de pires qui sont, comme celles de l’Ancien Régime, structurelles et institutionnelles. Son tour de force consiste en outre à persuader les victimes du système qu’elles en sont les bénéficiaires. Et les sondages attestent que cette propagande réussit à duper une majorité de Français… »

Gardons une chose en tête : c’est vous et moi qui payons pour l’engraissement perpétuel du gouvernement. Et une part croissante de la population, prise à la gorge, ne peut plus payer pour les « initiatives » et les « plans » coûteux d’une poignée de politiciens de plus en plus déconnectés de leur réalité.

 

MON LIVRE « L’ARGENT DES AUTRES » EST DISPONIBLE EN LIBRAIRIE DEPUIS LE 26 JANVIER, OU ICI: (VERSION PAPIER ET ÉLECTRONIQUE)

L'argent des autres

Partager cet article : Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on Google+Share on LinkedInEmail this to someone